La tête encore dans les rêves
Et pense au prince charmant
Qui disparaît tout doucement.
Tout doucement."
Rien n'a changé dans la maison. Tous nos souvenirs sont intacts. Te rappelerais-tu de cette photo prise il y a au moins 15 ans à un mariage. Je l'ai toujours avec moi. Ta tête me fait sourrir à chaque fois que je la regarde. T'en souviens-tu? Je me demande si tu pense encore parfois à toute ton enfance avec ta soeur et moi. Nous étions tous les cinq, heureux. Tu la voyais souvent. Elle travaillait en face de ton lycée dans un petit bar. Tu n'aurais jamais du t'atacher autant à elle. Je me souviens que tu m'en parlais souvent. Toutes ces nuits à se raconter nos histoires et toi, tu me racontais celle-là, toujours. Je la connaissais par coeur et je parlais en même temps que toi à la fin. C'était une pute. J'aurais du m'en douter et te protéger d'elle. Cette nuit à due être horrible à vivre pour toi. Parfois, je retourne dans notre ancienne demeure. Personne n'a voulu l'acheter. Les voisins disent qu'elle est hantée par ta présence et tes cris. Je pense qu'ils n'ont pas tort. Quand j'y retourne, j'ai l'impression d'entendre ta voix et le bruit que faisait nos bagarres. On se batait toujours le soir. C'était pour des sujets tabous, sans aucune importance. Avant de se coucher, tu venais me faire un bisou et tu t'excusais pour le mal que tu m'avais fait. Mais moi, j'avais l'habitude. Je ne disais plus rien. Tu me soignais et on allait dormir. Et c'est cette nuit que tout arriva. Tu hurlais dans ton sommeil. Rien ne te réveillais, même pas tes cris. Tu t'es levé d'un coup et tu as pris la lame de rasoir de ton père. Tu as commencé un carnage atroce. Je ne pouvais pas regardé mais je suis quand même restée. Tu ne me voyais pas. Tu était dans ton délire.
Cette nuit là tu es parti et jamais plus je ne t'ai revu. J'aurais pu te suivre à la trace avec tout le sang que tu perdais. Mais je n'ai pas voulu. Aujour'hui, je me demande où tu es et ce que tu deviens. Tu es peut être dans ta tombe avec le reste de ta famille. Et oui, ça a été trop dur pour eux, ils sont aussi parti.
Je te considérais comme mon propre frère. Plus rien n'avait d'importance après ce qui s'est passé même encore aujourd'hi. La cause de ton délire, je la garde pour moi et ce pour toujours, ne t'inquiètes pas.
"Lise dort
Lise rêve
Lise meurt
Lise..."